De la Reine de la Nuit à Carmen en passant par Norma, de Séville à Moscou en passant par Paris, des fêtes luxuriantes aux laboratoires d'alchimistes en passant par les quartiers pauvres de New York, des contes chevaleresques aux drames mythologiques en passant par la Bible. Le théâtre lyrique nous fait voyager et nous conte des histoires. En 2026, dans le monde que nous connaissons, nous avons plus que jamais besoin d'histoires pour rêver, pour s'évader, pour vibrer. Depuis plusieurs siècles les compositeurs ont travaillé à la création d'un répertoire d'une densité énorme, et il nous revient à nous de choisir quelles histoires nous voulons écouter. Parce que nous pensons que nous devons plus que jamais écouter des histoires au XXIe siècle.
Il nous revient d'écouter pour imaginer demain en connaissant ce que l'on se contait hier. Il nous revient de choisir ce que nous voulons vivre, et à quelle fréquence vibrer, de nous approprier les erreurs du passé comme une science historique, et l'esthétique des anciens comme le plaisir d'une mode de retour.
Nous devons nous approprier nos pratiques et nos affects, nous les raconter, nous les partager, parce que nous les ressentons d'abord. Un langage informatique peut dans les limites de son langage vous communiquer des informations plus ou moins vérifiables, mais il ne pourra pas vous donner son extrait préféré, et ne pourra jamais vous résumer une œuvre en quelques lignes par les mots d'une âme qui fond dans un siège de velours.
Aussi, nous devons apprendre à rééquilibrer et valoriser la place des femmes compositrices et écrivaines dans l'opéra, parce que ce sont des valeurs de notre monde actuel mais aussi de regarder plus sincèrement ce que l'on partage des créations passées.
Accéder à une pièce, c'est accéder à tout un monde, entre celui du compositeur, de la pièce, et celui où elle est interprétée. C'est donner de nouveaux moyens de comprendre le monde, mais pour ça il faut déjà avoir la possibilité de comprendre la pièce face aux informations nombreuses, et c'est tout le défi de DLEDO.
Nous voulons comprendre mais nous voulons vibrer, danser sur les sauvages, frissonner pour la Callas, pleurer pour la mort d'Adonis. C'est d'un pan entier de pratiques musicales dont il est question, et qui peut être pleinement contemporain tellement les questions sont semblables.
Nous voulons de l'opéra la lumière des projecteurs, et le sombre de la salle, la clarté des livrets et l'ombre sensible des mises en musiques. Nous voulons aider à sortir l'opéra de la pénombre de la salle, pour intervenir au jour. DLEDO est composé de ça pour être au mieux accessible à tous : De Lumières Et D'Ombres, en bon Dispositif Ludique d'Exploration du Drame lyrique et de l'Opéra. Lumières !
DLEDO est un dispositif de médiation culturelle, pas un outil scientifique. Il s'adresse en priorité à un public curieux qui découvre le répertoire lyrique, et non à des fins de recherche ou de référencement académique, et n'est donc par définition ni à la recherche d'une logique musicologique précise, ni d'une exhaustivité, ni d'une rigueur scientifique dans l'exposition des enjeux ou la présentation des œuvres.